Magnésium et sport : quelle forme choisir, à quelle dose, pour quels effets

Résumé immédiat

Le sport fait travailler et perdre du magnésium : ce minéral sert à produire l’énergie, à contracter et relâcher les muscles et à équilibrer les électrolytes. L’effort intense peut majorer les besoins de 10 à 20 %. Pour se complémenter, on privilégie une forme bien absorbée et douce pour le ventre — bisglycinate, citrate, glycérophosphate — plutôt que l’oxyde. Mais l’essentiel tient en une phrase : le magnésium aide surtout ceux qui en manquent, et ce n’est pas un remède anti-crampes.

Faits clés

Besoins majorés L’exercice intense augmente les pertes par la sueur et les urines, ce qui peut accroître les besoins en magnésium d’environ 10 à 20 %.
La forme compte Bisglycinate, citrate et glycérophosphate sont mieux tolérés que l’oxyde et le magnésium marin, souvent laxatifs et moins bien absorbés.
Utile si l’on manque Combler un déficit aide ; se supplémenter sans manquer de magnésium n’améliore pas les performances.
Pas un anti-crampes Pris quand le statut est correct, le magnésium ne fait pas disparaître les crampes ; corriger un vrai manque est une autre histoire.

Points essentiels

  • Le magnésium contribue à une fonction musculaire normale, à l’équilibre électrolytique et à réduire la fatigue — des fonctions très sollicitées par le sport.
  • L’effort augmente les pertes ; les sportifs réguliers, surtout les femmes, manquent souvent un peu de magnésium.
  • Côté complément, la forme bien absorbée prime : bisglycinate, citrate, glycérophosphate.
  • Le bénéfice sur la performance ne concerne que les personnes déficientes, pas celles au statut correct.
  • L’alimentation d’abord ; le complément vient en appoint, pas en remplacement.
Le magnésium MagCalm de SwiLab, un complexe de magnésium pour le sport
L’effort augmente les pertes de magnésium par la sueur ; bien le couvrir aide à soutenir une fonction musculaire normale (illustration).

« Quel magnésium pour le sport ? » C’est l’une des questions les plus posées par les sportifs — et la réponse honnête tient en deux temps. Oui, le magnésium est précieux quand on s’entraîne : il intervient dans plus de 300 réactions du corps, dont la production d’énergie, la contraction musculaire et l’équilibre des minéraux[1]. Et non, ce n’est pas une poudre magique qui ferait gagner des watts ou disparaître les crampes.

Ce guide sépare les vrais bienfaits du magnésium de ce qui relève du marketing : pourquoi l’effort augmente les besoins, quelle forme choisir (et lesquelles éviter), à quelle dose, et ce que la recherche dit vraiment sur la récupération, les crampes et le sommeil. Rappel d’emblée : le magnésium est un complément alimentaire, pas un médicament. Il ne prévient, ne traite ni ne guérit aucune maladie.

Pourquoi le sport augmente-t-il les besoins en magnésium ?

À quoi sert le magnésium quand on bouge ?

À presque tout ce que l’effort demande. Le magnésium est un cofacteur de la production d’énergie : il est nécessaire pour rendre utilisable l’ATP, le carburant de chaque cellule musculaire[1][2]. Il participe aussi au couple contraction-relâchement du muscle, où il fait équipe avec le calcium : le calcium contracte, le magnésium aide à relâcher[2]. Enfin, il entre dans l’équilibre des électrolytes et dans la synthèse des protéines, deux fonctions clés pour qui s’entraîne. C’est sur cette base que le magnésium contribue, au sens des allégations autorisées, à une fonction musculaire normale, à l’équilibre électrolytique et à réduire la fatigue.

L’effort fait-il perdre du magnésium ?

Oui. Pendant l’exercice, le corps redistribue son magnésium selon les besoins du métabolisme, et un effort soutenu augmente les pertes par la sueur et les urines[3]. La sueur est avant tout riche en sodium, mais elle emporte aussi du potassium et du magnésium — trois électrolytes que le muscle utilise pour se contracter et se relâcher. Une analyse de référence estime que ces pertes peuvent accroître les besoins des sportifs en magnésium de l’ordre de 10 à 20 % par rapport à une personne sédentaire[3]. Des travaux menés sur des militaires en entraînement d’endurance ont d’ailleurs mesuré une baisse du magnésium dans les globules rouges après plusieurs semaines, signe de besoins accrus[4].

10–20 % c’est la hausse de besoins estimée chez le sportif. L’effort intense augmente les pertes de magnésium par la transpiration et les urines, ce qui peut majorer les besoins de 10 à 20 % par rapport à une personne sédentaire. Source : relation entre magnésium et exercice, Magnesium Research (2006)

Les sportifs manquent-ils plus souvent de magnésium ?

Souvent, oui — pas à cause du sport seul, mais parce que beaucoup d’adultes en consomment déjà trop peu. Le magnésium figure parmi les nutriments fréquemment sous-consommés dans le monde[6], et une étude récente menée chez des adultes actifs a constaté que plus de la moitié des femmes sportives n’atteignaient pas l’apport conseillé en magnésium[5]. Les athlètes les plus exposés sont ceux qui contrôlent leur poids ou limitent leurs apports (sports à catégories de poids, esthétiques)[3]. Quand on additionne des besoins majorés et une assiette parfois trop juste, le statut en magnésium peut glisser sans bruit.

Le bon réflexe

Avant de penser « complément », regardez d’abord votre assiette d’entraînement. Un déficit d’apport vient le plus souvent d’une alimentation transformée et pauvre en aliments complets, faciles à corriger (voir plus bas). Le complément a du sens quand l’alimentation ne suffit pas ou que les besoins sont élevés.

Comment savoir si l’on manque de magnésium ?

Aucun signe ne le prouve à lui seul, mais quelques signaux reviennent souvent quand l’apport est bas : une fatigue persistante malgré le repos, des crampes ou tensions musculaires, un sommeil agité, une nervosité inhabituelle, parfois des fourmillements. Ces signes sont non spécifiques — ils ont beaucoup d’autres causes (fer, thyroïde, simple surmenage) — et un taux sanguin normal ne les écarte pas toujours, car l’essentiel du magnésium se loge dans les cellules, pas dans le sang[16]. C’est leur cumul, plus qu’un signe isolé, qui doit inviter à en parler à un médecin ou un pharmacien.

Quelle forme de magnésium choisir pour le sport ?

Quelle est la meilleure forme de magnésium pour un sportif ?

Il n’existe pas de forme « miracle », mais des formes mieux assimilées et mieux tolérées que d’autres. En pratique, on privilégie les formes organiques — bisglycinate, citrate, glycérophosphate, malate — généralement bien absorbées et douces pour le ventre. À l’inverse, l’oxyde de magnésium et le magnésium marin (qui repose sur de l’oxyde) sont moins coûteux mais moins bien absorbés, et plus souvent laxatifs aux doses utiles. L’écart d’absorption entre formes est réel, mais reste modéré selon les études[7] ; les mesures en laboratoire sont d’ailleurs parfois contradictoires[8]. Le critère le plus concret, au quotidien, reste donc la tolérance digestive : la meilleure forme est celle que vous prenez régulièrement sans inconfort.

Forme de magnésium Absorption / tolérance Pour qui, en pratique
Bisglycinate (chélaté à la glycine) Bien absorbé, très doux pour l’intestin Usage quotidien, ventres sensibles, prise du soir
Citrate Bien absorbé, bonne tolérance à dose raisonnable Polyvalent ; léger effet sur le transit à forte dose
Glycérophosphate Bien toléré, peu laxatif Apports réguliers, sensibilité digestive
Malate Bien assimilé, bonne tolérance Souvent choisi par les sportifs d’endurance
Oxyde Riche en magnésium mais peu absorbé, souvent laxatif Bon marché ; peu adapté à un usage quotidien confortable
Marin « Naturel » mais à base d’oxyde : absorption limitée À réserver si bien toléré ; vérifier la forme réelle

Faut-il vraiment éviter l’oxyde et le magnésium marin ?

Pas « éviter » au sens strict — l’oxyde apporte bien du magnésium — mais ce ne sont pas les formes les plus confortables pour un usage régulier lié au sport. Leur absorption plus limitée signifie qu’une plus grande part traverse l’intestin sans passer dans l’organisme, d’où l’effet laxatif fréquent. Le mot « marin », souvent perçu comme un gage de qualité, désigne surtout une origine (l’eau de mer) et non une meilleure assimilation : il repose le plus souvent sur de l’oxyde. Au-delà de la forme, deux critères comptent autant : la dose réelle en magnésium élément (et non le poids du sel) et la transparence de la composition.

Récupération, crampes, sommeil : ce que dit (et ne dit pas) la science

C’est la partie où il faut être le plus prudent, car c’est là que le marketing promet le plus. Voici, domaine par domaine, ce que la recherche soutient — et où elle reste réservée.

Le magnésium aide-t-il à la récupération musculaire ?

Peut-être, et l’idée est plausible, mais les preuves restent minces. Une revue de 2024 a réuni les rares essais disponibles : un apport en magnésium pourrait réduire les courbatures (les douleurs musculaires retardées) et soutenir la récupération après un effort intense, avec un possible effet protecteur sur les microlésions du muscle[10]. Mais ces conclusions reposent sur très peu d’études, et les auteurs eux-mêmes appellent à la prudence sur la dose et le moment de prise[10]. Autrement dit : une piste intéressante, pas une certitude.

Le magnésium prévient-il les crampes du sportif ?

Probablement pas — et c’est l’idée reçue la plus tenace. Plusieurs synthèses concordent : la grande revue Cochrane de référence conclut qu’il est peu probable que la supplémentation prévienne les crampes de façon cliniquement utile chez l’adulte[11], et une méta-analyse indépendante aboutit au même constat dans la population générale[18]. Surtout, aucune n’a trouvé d’essai sérieux testant le magnésium contre les crampes liées à l’effort[11] — justement celles qui touchent le sportif.

Il y a une raison de fond. Les travaux récents attribuent la crampe d’effort non pas à un manque de minéraux, mais à un emballement neuromusculaire : un muscle fatigué dont le contrôle nerveux se dérègle, plutôt qu’un problème d’hydratation ou d’électrolytes[17]. Si la cause n’est pas un déficit d’électrolytes, en apporter ne change pas grand-chose. Nuance importante toutefois : la crampe figure parmi les signaux d’un vrai manque de magnésium, et combler un déficit avéré est utile[16] — c’est différent d’en prendre quand on n’en manque pas. En clair : si vous manquez réellement de magnésium, le corriger peut aider ; sinon, n’attendez pas d’un complément qu’il fasse passer vos crampes.

Crampes à répétition : cherchez la cause

Si les crampes sont fréquentes, intenses ou inhabituelles, le magnésium n’est pas la réponse par défaut. L’hydratation, l’échauffement, la fatigue, l’équilibre des autres minéraux ou un problème de santé peuvent être en jeu. Un avis médical permet d’en identifier l’origine, plutôt que de miser sur un complément qui pourrait ne rien changer.

Et pour le sommeil et la détente nerveuse ?

Un effet est possible, mais modeste. Le magnésium participe au fonctionnement normal du système nerveux et à des fonctions psychologiques normales, et beaucoup de sportifs s’y intéressent pour mieux récupérer la nuit. Ce que montre la recherche reste mesuré : les études d’observation associent un bon statut en magnésium à un meilleur sommeil, mais les essais cliniques sont contrastés[13]. Une analyse groupée de petits essais chez des personnes âgées a observé un endormissement plus rapide d’environ un quart d’heure, sur des preuves jugées de faible qualité[12]. Côté stress, une revue a trouvé que le magnésium pourrait atténuer l’anxiété chez les personnes prédisposées, là encore sur des preuves limitées[14]. Le magnésium peut aider, surtout quand l’apport de départ est bas — mais ce n’est ni un somnifère, ni un anxiolytique.

Récupération en plein air après l'effort, illustration d'un article sur le magnésium et le sport
Bien couvrir ses besoins en magnésium aide à soutenir la récupération et une fonction musculaire normale (illustration).

Combien, quand, et en toute sécurité

Quelle dose de magnésium pour un sportif ?

La cible, alimentation comprise, tourne autour de 300 à 400 mg de magnésium par jour selon le sexe et l’âge, un peu plus si l’entraînement est intense[2]. L’objectif d’un complément n’est pas d’empiler les milligrammes, mais de combler l’écart entre ce que l’assiette apporte et ce dont on a besoin. C’est un point capital : le bénéfice du magnésium sur la performance ne s’observe que chez les personnes qui en manquent. Chez un sportif au statut déjà correct, en ajouter n’améliore pas les performances[3][9] ; un essai récent a même mesuré un léger effet défavorable sur l’endurance chez des sportifs non carencés[15]. Plus n’est donc pas mieux.

300–400 mg l’apport quotidien conseillé, alimentation comprise. Un complément sert à combler l’écart jusqu’à ce repère, pas à le dépasser. Au-delà du besoin, le surplus n’apporte pas de bénéfice supplémentaire. Source : revue sur le magnésium chez l’athlète, Nutrients (2025)

Peut-on en prendre tous les jours, et combien sans risque ?

Oui, un apport quotidien est tout à fait normal : un complément se prend généralement chaque jour pour maintenir un bon niveau. Le repère de sécurité à connaître concerne le magnésium ajouté par les compléments : en Europe, la limite retenue est de 250 mg par jour, en plus de celui des aliments. Le magnésium apporté par l’alimentation, lui, n’est pas concerné : les reins en bonne santé éliminent l’excédent. Le premier signe d’un excès via les compléments n’est pas musculaire mais digestif — selles molles, diarrhée. La prudence s’impose surtout en cas de maladie rénale, où l’élimination est réduite.

  • !Maladie ou insuffisance rénale : avis médical indispensable avant toute supplémentation — l’élimination du magnésium est réduite.
  • !Traitements en cours (certains antibiotiques, diurétiques, traitements cardiaques…) : une interaction est possible, demandez conseil à votre pharmacien.
  • !Grossesse, allaitement : ne vous supplémentez pas sans avis médical.
  • !Effet laxatif persistant : signe d’une dose trop élevée ou d’une forme mal tolérée — réduisez ou changez de forme.

Quand le prendre par rapport à l’entraînement ?

Aucune heure n’est « magique » : la régularité compte plus que le timing, car le magnésium agit en reconstituant des réserves sur la durée, pas comme un stimulant avant l’effort. La revue de 2024 évoque une prise quelques heures avant une séance intense pour la récupération, mais cela reste une piste[10]. En pratique : choisissez un moment que vous tiendrez chaque jour. Si votre objectif est le sommeil, une prise au dîner est commode. Et puisque le magnésium n’est pas un « coup de fouet », inutile de le réserver à la pré-séance.

L’alimentation d’abord : couvrir ses besoins par l’assiette

Quels aliments riches en magnésium pour les sportifs ?

La première source de magnésium, c’est l’assiette, et elle est facile à enrichir. Les aliments les plus denses sont les graines, les fruits à coque (amandes, noix de cajou, noisettes), le chocolat noir, les légumineuses, les légumes verts et les céréales complètes. Quelques repères, pour 100 g :

AlimentMagnésium (ordre de grandeur, pour 100 g)
Graines de courge~500 mg
Amandes, noix de cajou, noisettes~160 à 290 mg
Chocolat noir (70 % et plus)~200 mg
Flocons d’avoine, céréales complètes~130 mg
Légumineuses cuites (lentilles, haricots)~40 à 90 mg
Épinards cuits~80 mg

Deux réflexes simples complètent le tableau : remplacer les produits raffinés par leur version complète (pain, riz, pâtes), car le raffinage retire l’essentiel du magnésium, et penser aux eaux minérales magnésiennes, dont certaines apportent plus de 100 mg par litre — pratique pour se réhydrater après une séance.

Faut-il se complémenter quand on est sportif ?

Pas systématiquement. Le complément devient utile quand l’alimentation ne suffit pas ou que les besoins sont durablement élevés (entraînements intenses et rapprochés, grosse transpiration). Dans ce cas, il sert à ramener l’apport à un bon niveau, sous une forme bien absorbée et bien tolérée — sans jamais remplacer une assiette équilibrée ni un mode de vie sain. Et si plusieurs signes se cumulent, le bon réflexe reste d’en parler à un médecin ou un pharmacien plutôt que de s’autodiagnostiquer.

Important. Cet article a une vocation strictement informationnelle. Le magnésium est un complément alimentaire : aucune denrée ni complément ne prévient, ne traite ou ne guérit une maladie. En cas de traitement en cours, de maladie rénale, de grossesse ou d’allaitement, demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant de vous supplémenter.

Questions fréquentes

Pourquoi prendre du magnésium quand on fait du sport ?

Parce que l’effort sollicite et fait perdre du magnésium. Ce minéral participe à la production d’énergie (l’ATP), à la contraction et au relâchement des muscles et à l’équilibre des électrolytes — autant de fonctions mises à contribution à chaque séance. L’exercice intense augmente aussi les pertes par la sueur et les urines, ce qui peut majorer les besoins de 10 à 20 %. Le magnésium contribue à une fonction musculaire normale et à réduire la fatigue. Il n’améliore toutefois les performances que chez les personnes qui en manquent, pas chez celles dont le statut est déjà correct.

Quel est le meilleur magnésium pour les sportifs ?

Il n’y a pas de forme « miracle », mais des formes mieux assimilées et mieux tolérées : le bisglycinate, le citrate et le glycérophosphate sont généralement bien absorbés et doux pour le ventre. L’oxyde et le magnésium marin (à base d’oxyde) coûtent moins cher mais sont moins bien absorbés et plus souvent laxatifs aux doses utiles. Pour un usage quotidien lié au sport, privilégiez une forme organique bien tolérée, et vérifiez la dose réelle en magnésium élément ainsi que la transparence de la composition. La meilleure forme est celle que vous prenez régulièrement, sans inconfort digestif.

Quel magnésium pour la récupération musculaire et le sommeil ?

Les mêmes formes bien absorbées (bisglycinate, citrate, glycérophosphate) conviennent. Pour la récupération, quelques travaux suggèrent qu’un apport suffisant peut réduire les courbatures et soutenir la récupération, mais les études sont peu nombreuses. Pour le sommeil, l’effet existe surtout chez les personnes dont l’apport est bas au départ, et il reste modeste : le magnésium n’est pas un somnifère. Si votre objectif est le soir, une prise au dîner est pratique. Le magnésium contribue à une fonction musculaire normale et au fonctionnement normal du système nerveux, sans être un traitement.

Le magnésium fait-il passer les crampes du sportif ?

Probablement pas, sauf si vous en manquez vraiment. Les grandes synthèses (revue Cochrane et méta-analyses) ne confirment pas que le magnésium prévienne les crampes de façon fiable, et aucune n’a testé sérieusement les crampes d’effort. La raison de fond : la crampe du sportif vient surtout d’un emballement neuromusculaire lié à la fatigue du muscle, pas d’un manque de minéraux — un électrolyte n’y change donc pas grand-chose. En revanche, la crampe peut signaler un vrai déficit en magnésium : dans ce cas, le combler est utile. Si vos crampes sont fréquentes ou douloureuses, cherchez-en la cause (hydratation, échauffement, fatigue) avec un professionnel de santé.

Est-il bon de prendre du magnésium tous les jours ?

Oui, un apport quotidien est normal : le magnésium est un minéral du quotidien, et un complément se prend généralement chaque jour pour combler un apport insuffisant. L’important est de viser les apports conseillés (environ 300 à 400 mg par jour selon le sexe et l’âge, alimentation comprise) sans les dépasser inutilement. Au-delà du besoin, le surplus n’apporte rien de plus et finit surtout par accélérer le transit. En cas de traitement médicamenteux, de maladie rénale, de grossesse ou d’allaitement, demandez conseil à votre médecin ou pharmacien avant de vous complémenter.

Quelle quantité de magnésium est sans danger ?

Pour le magnésium apporté par les compléments, la limite de sécurité fixée en Europe est de 250 mg par jour, en plus de celui de l’alimentation. Le magnésium des aliments n’est pas concerné par cette limite : les reins éliminent l’excédent. Le premier signe d’un excès via les compléments est un effet laxatif (selles molles, diarrhée). Respectez la dose indiquée sur l’étiquette, et soyez prudent en cas de problème rénal, où l’élimination est réduite. En cas de doute, un avis médical permet d’adapter la dose à votre situation.

Un excès de magnésium peut-il provoquer des douleurs musculaires ?

Aux doses des compléments, l’excès de magnésium se traduit surtout par des troubles digestifs (diarrhée), pas par des douleurs musculaires. Une faiblesse musculaire n’apparaît qu’en cas d’excès vraiment important de magnésium dans le sang, situation rare qui survient quasi exclusivement lors d’une insuffisance rénale sévère. Chez une personne aux reins sains qui respecte les doses, ce risque est très faible. Des douleurs ou une fatigue musculaires inexpliquées méritent un avis médical : elles ont le plus souvent une autre cause que le magnésium.

Les coureurs ont-ils besoin de plus de magnésium ?

Souvent un peu plus, oui. L’endurance et la transpiration abondante augmentent les pertes de magnésium, et les besoins des sportifs réguliers peuvent dépasser de 10 à 20 % ceux d’une personne sédentaire. Beaucoup d’adultes actifs — en particulier les femmes — n’atteignent déjà pas les apports conseillés par l’alimentation seule. La priorité reste l’assiette (graines, fruits à coque, légumineuses, céréales complètes) ; un complément bien absorbé n’a d’intérêt que si l’apport est insuffisant ou les besoins élevés. Supplémenter sans manquer de magnésium n’améliore pas les performances.

Quel magnésium prendre pour les douleurs musculaires ?

D’abord, distinguez la cause. Pour des courbatures après l’effort, les mêmes formes bien absorbées (bisglycinate, citrate, glycérophosphate) conviennent, et quelques travaux suggèrent qu’un apport suffisant pourrait les atténuer — sur des preuves encore minces. Pour des crampes, le magnésium n’a pas montré de bénéfice fiable. Et si la douleur est vive, localisée ou persistante (déchirure, tendinite, blessure), ce n’est pas un problème de magnésium : il faut un avis médical. Le magnésium contribue à une fonction musculaire normale, mais ce n’est ni un antidouleur ni un traitement. Visez d’abord un bon apport par l’alimentation, complété si besoin.

Quel magnésium pour une tendinite ?

Aucun, à proprement parler : le magnésium n’est pas un traitement de la tendinite. Une tendinite est une souffrance du tendon, le plus souvent liée à une surcharge ou à un geste répété, et aucune preuve solide ne montre qu’un complément de magnésium la soigne ou la prévienne. Les vrais leviers sont le repos relatif, l’adaptation des charges, les étirements et la rééducation, avec un médecin ou un physiothérapeute. Un bon statut en magnésium reste utile au fonctionnement musculaire général, mais n’attendez pas d’un complément qu’il règle une tendinite. En cas de douleur tendineuse persistante, consultez.

Sources et références (vérifiées sur PubMed)

18 sources
  1. Volpe S.L. (2015). Magnesium and the Athlete. — Current Sports Medicine Reports — revue ; rôle du magnésium dans l’énergie, le muscle et les besoins du sportif
  2. Dominguez L.J. et al. (2025). The Importance of Vitamin D and Magnesium in Athletes. — Nutrients — revue ; ATP, contraction musculaire, électrolytes ; besoins 300-400 mg/j, parfois majorés chez l’athlète
  3. Nielsen F.H., Lukaski H.C. (2006). Update on the relationship between magnesium and exercise. — Magnesium Research — revue ; pertes par sueur/urines, besoins +10-20 %, bénéfice limité aux personnes déficientes
  4. Rakhra G. et al. (2021). Effect of endurance training on copper, zinc, iron and magnesium status. — J. of Sports Medicine and Physical Fitness — baisse du magnésium intracellulaire après entraînement d’endurance
  5. Tinsley G.M. et al. (2026). Sex differences in nutrient gaps among active adults. — Journal of Nutritional Science — plus de la moitié des femmes actives en dessous de l’apport conseillé en magnésium
  6. Passarelli S. et al. (2024). Global estimation of dietary micronutrient inadequacies. — Lancet Global Health — le magnésium parmi les nutriments fréquemment sous-consommés dans le monde
  7. Coudray C. et al. (2005). Study of magnesium bioavailability from ten organic and inorganic Mg salts. — Magnesium Research — sels organiques légèrement mieux assimilés que les sels inorganiques (modèle animal)
  8. Kyselovič J. et al. (2021). A New Caco-2 Cell Model: Evaluation of Magnesium Salts Absorption. — Physiological Research — absorption des sels de magnésium variable et parfois contradictoire selon la méthode
  9. Heffernan S.M. et al. (2019). Mineral and Trace Element Supplementation in Exercise and Athletic Performance: A Systematic Review. — Nutrients — revue systématique ; preuves les plus solides pour le fer et le magnésium, mais bénéfice de performance limité
  10. Tarsitano M.G. et al. (2024). Effects of magnesium supplementation on muscle soreness in different type of physical activities: a systematic review. — Journal of Translational Medicine — revue ; possible réduction des courbatures et soutien de la récupération, peu d’études
  11. Garrison S.R. et al. (2020). Magnesium for skeletal muscle cramps. — Cochrane Database of Systematic Reviews — bénéfice peu probable sur les crampes ; aucun essai de qualité sur les crampes liées à l’effort
  12. Mah J., Pitre T. (2021). Oral magnesium supplementation for insomnia in older adults: Systematic Review & Meta-Analysis. — BMC Complementary Medicine and Therapies — endormissement plus rapide d’environ 17 minutes, preuves de faible qualité
  13. Arab A. et al. (2023). The Role of Magnesium in Sleep Health: a Systematic Review. — Biological Trace Element Research — association statut-sommeil ; résultats des essais cliniques contradictoires
  14. Boyle N.B. et al. (2017). The Effects of Magnesium Supplementation on Subjective Anxiety and Stress: A Systematic Review. — Nutrients — effet possible sur l’anxiété chez les personnes prédisposées ; qualité des preuves faible
  15. Bomar M.C. et al. (2025). Short-Term Magnesium Supplementation Has Modest Detrimental Effects on Cycle Ergometer Exercise Performance. — Nutrients — essai randomisé ; léger effet défavorable sur l’endurance chez des sportifs non carencés
  16. DiNicolantonio J.J. et al. (2018). Subclinical magnesium deficiency. — Open Heart — le magnésium sérique ne reflète pas le stock intracellulaire ; un déficit d’apport reste souvent non diagnostiqué
  17. Giuriato G. et al. (2018). Muscle cramps: a comparison of the two-leading hypothesis. — J. of Electromyography and Kinesiology — revue ; la crampe d’effort relève surtout d’un mécanisme neuromusculaire, non d’un déficit d’électrolytes
  18. Sebo P. et al. (2014). Effect of magnesium therapy on nocturnal leg cramps: a systematic review with meta-analysis. — Family Practice — méta-analyse ; pas d’efficacité dans la population générale, effet possible mais faible en grossesse

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