Quelle loi encadre les compléments alimentaires en Suisse ?

Quelle loi encadre les compléments alimentaires en Suisse ?

Résumé immédiat

La Loi fédérale sur les denrées alimentaires (LDAl, RS 817.0) et l’Ordonnance du DFI sur les compléments alimentaires (OCAl, RS 817.022.14) sont les deux textes principaux qui les encadrent en Suisse.

Faits clés

LDAl (RS 817.0) Loi fédérale du 20 juin 2014, en vigueur depuis le 1ᵉʳ mai 2017.
OCAl (RS 817.022.14) Ordonnance du DFI du 16 décembre 2016 propre aux compléments alimentaires.
ODAlOUs (RS 817.02) Ordonnance d’exécution générale du Conseil fédéral.
OSAV Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires, autorité de référence.

Points essentiels

  • La Suisse n’impose aucune autorisation préalable de mise sur le marché : les compléments relèvent du droit alimentaire, pas du droit des médicaments.
  • Le fabricant ou l’importateur est responsable de la conformité via le principe d’autocontrôle (art. 26 LDAl).
  • L’OCAl fixe les quantités maximales par dose journalière (annexe 1, en vigueur depuis le 1ᵉʳ juillet 2020).
  • Les allégations de santé sont strictement encadrées par l’OIDAl ; toute mention curative bascule le produit sous la LPTh.
  • Le contrôle s’exerce par sondage au niveau cantonal, sous coordination de l’OSAV.
Recueil systématique du droit fédéral suisse ouvert sur les pages de la Loi sur les denrées alimentaires (LDAl) et de l'OCAl
La législation suisse des compléments alimentaires repose sur la LDAl et six ordonnances d’exécution publiées sur Fedlex.

La législation suisse sur les compléments alimentaires repose sur deux textes principaux et quatre ordonnances complémentaires, sans procédure d’autorisation préalable de mise sur le marché. Dans l’univers du complément alimentaire, la réglementation suisse des compléments alimentaires se distingue de celle de l’Union européenne par des quantités maximales contraignantes par dose journalière et un contrôle a posteriori coordonné par l’OSAV.

La LDAl, loi-cadre des compléments alimentaires

Quelle est la loi principale qui encadre les compléments alimentaires en Suisse ?

En droit suisse, la loi principale est la Loi fédérale sur les denrées alimentaires et les objets usuels (LDAl, RS 817.0), adoptée le 20 juin 2014 et en vigueur depuis le 1ᵉʳ mai 2017[1]. Elle traite les compléments alimentaires comme une sorte de denrée alimentaire, pas comme des produits médicaux. Cette qualification exclut tout régime d’autorisation préalable.

L’article 4 LDAl définit l’aliment au sens légal ; l’article 7 fixe l’exigence de sécurité des aliments ; l’article 2 al. 4 let. d établit la frontière avec les produits thérapeutiques (LPTh, RS 812.21)[2].

Quel principe central impose la LDAl aux fabricants ?

Le principe central est l’autocontrôle, posé par l’article 26 LDAl[3]. Toute entreprise ou personne responsable qui fabrique, importe, distribue ou exporte des denrées alimentaires a l’obligation de garantir le respect des exigences légales à toutes les étapes. L’État intervient en aval, par contrôle a posteriori.

L’OCAl et les ordonnances d’exécution spécifiques

Que prévoit l’OCAl spécifiquement pour les compléments alimentaires ?

L’Ordonnance du DFI sur les compléments alimentaires (OCAl, RS 817.022.14) du 16 décembre 2016[4] fixe, en sept articles principaux et trois annexes, les règles propres à cette catégorie.

L’article 1 OCAl définit le complément comme une denrée alimentaire concentrée en vitamines, sels minéraux ou autres ingrédients ayant un effet nutritionnel ou physiologique, présentés sous une forme dosée pour compléter l’apport en nutriments d’une alimentation normale. L’article 3 détaille l’étiquetage ; l’article 4 énumère les mentions interdites. La révision en vigueur depuis le 1ᵉʳ juillet 2020 a actualisé les quantités maximales par dose journalière à l’annexe 1[5] selon un nouveau modèle de calcul fondé sur la base des connaissances scientifiques issues de la recherche.

Quelles autres ordonnances complètent l’OCAl ?

Quatre ordonnances complémentaires[6] s’appliquent en plus de l’OCAl. Elles couvrent l’information aux consommateurs et les allégations, l’utilisation et l’adjonction de substances, les denrées d’origine végétale et les nouvelles sortes de denrées dites novel food.

Hiérarchie des textes encadrant les compléments alimentaires en Suisse
Texte Cote Fedlex Fonction principale
LDAl RS 817.0 Loi-cadre fédérale, principes généraux et autocontrôle (art. 26).
ODAlOUs RS 817.02 Ordonnance d’exécution générale du Conseil fédéral.
OCAl RS 817.022.14 Ordonnance du DFI spécifique aux compléments (composition, étiquetage, doses).
OIDAl RS 817.022.16 Information aux consommateurs et allégations de santé (annexe 14).
OASM RS 817.022.32 Adjonction de vitamines, sels minéraux et autres substances (annexe 4).
ODAlOV RS 817.022.17 Denrées d’origine végétale, champignons et plantes interdites (annexe 1).

Hiérarchie des textes et articles clés

Comment s’articulent la LDAl et ses ordonnances d’application ?

La hiérarchie suit trois niveaux : loi fédérale, ordonnance du Conseil fédéral[7], ordonnance du Département fédéral de l’intérieur (DFI). La LDAl pose les principes ; l’ODAlOUs en précise l’exécution générale ; l’OCAl et les autres ordonnances du DFI règlent les exigences techniques par catégorie.

Effet pratique : pour tout complément vendu en Suisse, le droit applicable cumule règles générales (LDAl, ODAlOUs, OIDAl) et règles spécifiques (OCAl, OASM, ODAlOV) à respecter sur l’ensemble de la chaîne, de la formulation à la vente. Aucune partie de ce socle n’est facultative.

Quels articles précis encadrent un complément alimentaire commercialisé en Suisse ?

Six articles structurent la conformité d’un produit. Ils suivent le cycle de mise sur le marché et permettent d’identifier directement les données légales disponibles sur Fedlex[8].

  • Art. 4 LDAl — définition de la denrée alimentaire.
  • Art. 7 LDAl — exigence générale de sécurité alimentaire.
  • Art. 26 LDAl — principe d’autocontrôle du fabricant.
  • Art. 1 et 2 OCAl — définition du complément et composition.
  • Art. 3, al. 7 OCAl — mentions obligatoires de l’étiquetage.
  • Art. 4 OCAl — mentions interdites.

Questions fréquentes sur la loi suisse des compléments alimentaires

La LDAl s’applique-t-elle aux compléments alimentaires achetés en ligne à l’étranger ?

Oui, la LDAl s’applique à tout produit mis sur le marché suisse, y compris les achats en ligne. L’article 2 al. 4 let. b LDAl prévoit une exception pour l’importation à usage strictement personnel : ces denrées échappent alors à la législation alimentaire, mais l’importation se fait sous la responsabilité du consommateur, et les autorités peuvent retenir tout produit contenant des substances interdites.

Existe-t-il une loi cantonale spécifique aux compléments alimentaires en Suisse ?

Non, il n’existe pas de loi cantonale propre aux compléments alimentaires en Suisse. La législation est strictement fédérale (LDAl + ordonnances). Les cantons disposent de lois d’application qui organisent l’exécution du droit fédéral sur leur territoire et désignent l’autorité compétente pour le contrôle, généralement le service de la consommation et des affaires vétérinaires.

Que risque un fabricant qui ne respecte pas la LDAl en Suisse ?

Les sanctions vont des mesures administratives à des peines pénales. Selon Walder Wyss, les violations de la législation alimentaire peuvent entraîner avertissements publics, rappels de produits, interdictions de commercialisation, jusqu’à cinq ans de prison ou des amendes élevées en cas de risque pour la santé. Le contrôle ordinaire relève de l’autorité cantonale d’exécution.

Où consulter les textes de loi officiels sur les compléments alimentaires en Suisse ?

Sur Fedlex, le Recueil systématique du droit fédéral. La LDAl porte la cote RS 817.0, l’OCAl la cote RS 817.022.14. Chaque texte est consultable gratuitement à fedlex.admin.ch en français, allemand et italien, avec annexes et historique des révisions. L’OSAV publie également des rapports explicatifs accompagnant chaque modification d’ordonnance.

La loi suisse sur les compléments alimentaires est-elle harmonisée avec le droit européen ?

Partiellement. La législation suisse s’inspire de la directive européenne 2002/46/CE et reprend ses principes structurants. Elle s’en distingue toutefois sur plusieurs points : la Suisse fixe des quantités maximales contraignantes par dose journalière (annexe 1 OCAl), ce que l’UE n’a pas encore concrétisé, et les listes de plantes interdites diffèrent. Un complément autorisé dans l’UE n’est donc pas automatiquement commercialisable en Suisse.

Sources et références

8 sources
  1. Loi fédérale sur les denrées alimentaires (LDAl, RS 817.0) — Confédération suisse, en vigueur depuis le 1ᵉʳ mai 2017 (Fedlex).
  2. Critères de délimitation produits thérapeutiques / denrées alimentaires — Swissmedic / OSAV, document de référence.
  3. Autocontrôle pour les denrées alimentaires (art. 26 LDAl) — État de Fribourg, fiche officielle.
  4. Ordonnance du DFI sur les compléments alimentaires (OCAl, RS 817.022.14) — Confédération suisse, du 16 décembre 2016 (Fedlex).
  5. Rapport explicatif sur la révision de l’OCAl — OSAV, sur les quantités maximales par dose journalière.
  6. Compléments alimentaires — page de référence — OSAV, liste consolidée des textes applicables.
  7. Ordonnance sur les denrées alimentaires (ODAlOUs, RS 817.02) — Confédération suisse, ordonnance d’exécution du Conseil fédéral.
  8. Législation sur les denrées alimentaires — OSAV, vue d’ensemble actualisée.

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